L’éternelle question de l’intérêt de l’Euro dans Ouest-France

Politique

vendredi 15 mai 2009

L’euro est-il un bouclier ou un carcan ?

Seize pays sur vingt-sept l’ont adopté. Un gage de stabilité dans la crise. Mais les opinions publiques restent partagées. Sans l’euro, la crise serait-elle pire ? La plupart des responsables politiques l’affirment. Sans monnaie unique, la crise financière puis économique aurait provoqué un vrai séisme dans le système monétaire. Les citoyens sont plus partagés. Selon un sondage Eurobaromètre effectué dans les 27 pays membres, 39 % sont de cet avis, mais 44 % jugent que la monnaie unique n’a pas atténué les effets négatifs de la crise. L’idée que l’euro ait plombé le pouvoir d’achat reste très diffuse. Qui a adopté l’euro ? À ce jour, 16 pays font partie de la zone euro, née en 1999. Dernière élue, la Slovaquie, entrée in extremis le 1er janvier. « Une chance », dit son Premier ministre. Et pour cause ! Pour adopter l’euro, il faut respecter cinq critères de convergence : stabilité des prix, contrôle des déficits publics (le fameux rapport déficit/PIB à 3 %) et de la dette (rapport PIB à 60 %), taux de change et d’intérêts. Or, en temps de crise, difficile de les respecter. La zone euro est plus attractive, mais l’adhésion plus dure. Et les autres ? Plusieurs pays candidats, la Pologne, la Hongrie et la Bulgarie, ont vu leur monnaie dévaluée jusqu’à 35 %. Ils aimeraient accélérer l’adhésion, grâce à un allégement des critères. Sans grand succès. « Le moment n’est pas venu de lancer un nouveau débat sur les critères », affirme le patron de l’Eurogroupe, Jean-Claude Junker. On le comprend. Actuellement, les pays membres eux-mêmes ne respectent plus ces critères. Le statu quo prévaut. La zone euro, c’est, en 2009, aussi difficile d’en sortir que d’y entrer. Alors, hors de l’euro, point de salut ? Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Les Britanniques se sentent plus libres de jouer la relance en surfant légèrement sur une baisse des importations. Les Tchèques aussi. Même si la dévaluation compétitive a de réelles limites, quand l’économie est si déprimée.

Laurent MARCHAND.

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