Intervention du 21 octobre sur le plan régional d’aide au cheval breton

Monsieur le Président,

Vous nous proposez un rapport régional d’orientation sur la filière équine. Avant d’aborder ce rapport, je voudrais dire la raison pour laquelle la Région depuis longtemps s’est investie dans ce dossier. Depuis longtemps, disais-je, puisque figurait dans le fameux Guide des aides 2004, outil semble-t-il indépassable,  une fiche Développement de la filière cheval en Bretagne.

Chez nous, la filière équine est une question agricole, une question de filière économique, une question de tourisme oui, mais c’est peut-être au-delà de tout une question culturelle et, à la différence d’autres régions équines de France, une question de culture populaire. Chez nous ce rapport à la culture populaire bretonne est essentiel, il ne s’agit pas de haras chics et de courses habillées mais d’élevages diffus, de courses et de fêtes au cours desquelles tous les Bretons se mobilisent. Je pense à Mille-Sabot à Lamballe ou à la Foire au Poulain de Plaintel.

Ce rapport d’orientation s’inscrit dans un contexte, celui dans lequel le caractère quasi régalien de l’activité équine a disparu, le cheval pour l’armée ou pour le développement de l’agriculture et de la production alimentaire. C’est un fait. Cette disparition nous impose de nous pencher avec plus de précision sur les dimensions non régaliennes de cette activité.

  • Environnementale : Le maintien des races menacées
  • Sportive : Le sport équestre
  • Touristique : Le tourisme équestre
  • Commerciale : La valorisation économique de la viande
  • Culturelle : la transmission de notre culture populaire

C’est dans ce contexte qu’intervient ce rapport d’orientation.

Comme d’habitude, ce rapport est constitué d’un bilan de type académique toujours intéressant et de 34 mesures

Ces mesures sont souvent une reprise de la dimension équine et équestre de programme existant. Pourquoi pas !

Comme d’habitude également dans ce type d’exercice de style, ces mesures ne sont pas financées

Un point intéressant : l’annexe qui reprend le soutien public au bénéfice de la filière équine en Bretagne qui redit l’importance de l’action de l’Etat quand on cumule les primes à l’élevage, les subventions au Fonds commun des Courses, le Fonds éperon, le Contrat de Plan Etat-Région.

Quels sont pour nous les points sur lesquels il faut insister ?

Ma collègue Valérie GARCIA interviendra sur l’élevage proprement dit.

Ma collègue Françoise EVANNO interviendra sur la place du cheval dans l’activité agricole en général.

J’interviendrai pour ma part sur la question des lieux de ressources et d’échanges qui irriguent le territoire.

La Région décide dans son rapport d’orientation de poursuivre le soutien aux deux sites permanents reconnus comme site IFCE

  • Le Haras de Lamballe
  • Le Haras d’Hennebont

La Région doit poursuivre son soutien, via les Syndicats Mixtes, à l’équipement et à l’aménagement comme elle l’avait fait, avant les syndicats mixtes. J’ai en mémoire l’aide de la Région à la réalisation du Parc équestre de Lamballe à l’époque de Josselin de ROHAN.

Elle décide également de soutenir les deux lieux portés directement par les collectivités

  • L’équipôle de Corlay
  • L’équipôle de Landivisiau

La Région reconnaît enfin la valeur du site de DINARD pour le sport équestre de haut niveau.

Le soutien de ces lieux de ressources et d’échanges est crucial si on veut maintenir le caractère populaire de la culture équine bretonne.

Sans ces lieux, il pourrait ne plus y avoir d’espace de ressourcement des Bretons dans le monde du cheval.

C’est également l’esprit de l’amendement que Dominique de LEGGE, le Maire du Pertre et de ses courses a présenté afin que l’aide de la Région ne se restreigne pas aux seuls sites de course dans lesquels se déroulent au moins trois réunions par an. Malheureusement, cet amendement a été rejeté en Commission.

Je veux redire l’importance des lieux où se déroulent une ou deux réunions dans l’année. Ces lieux sont vitaux si nous voulons continuer à faire vivre une vraie culture populaire bretonne du cheval.

Je l’ai dit, ce rapport d’orientation ne nous donne aucun prévisionnel financier, cela devient l’usage dans cet exercice, nous l’avons déjà vu dans le rapport d’orientation sur la politique jeunesse.

Nous voterons ce rapport car il se situe dans la continuité du travail mené par la Région depuis plus de dix ans. Nous le voterons car l’activité équine fait partie de notre culture partagée. Voter ce rapport nous impose un devoir de vigilance en terme de financement. Celui-ci ne parait pas dans le rapport. Nous serons donc très vigilants sur le financement de cette politique, sur la lisibilité de cette politique, et plus particulièrement sur le financement de ces lieux de ressources et d’échanges.

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