Lamballe : Pour un pilotage local de l’offre de santé.

 

1      Constat : une situation inédite

Le départ de deux médecins du cabinet médical des Augustins à Lamballe doit être un véritable élément déclencheur pour l’ensemble du territoire.

1.1    Que s’est-il passé jusqu’ici ?

1.1.1    Une association de professionnels

Une association des professionnels de santé, PROCOM, est créée en juillet 2012 afin de « coordonner les soins entre les professionnels de santé de la communauté de communes de Lamballe pour une amélioration de la prise en charge de la santé de la population de ce territoire. » Cette association a mené un travail avec les moyens dont elle disposait.

1.1.2    Une compétence communautaire

Les communes de Lamballe communauté ont choisi de transférer la compétence « Santé » à la communauté de communes au cours de la même année afin d’être le partenaire institutionnel de cette association.

1.1.3    Deux actions menées

Deux actions ont été concrètement menées.

  • Un audit du territoire en lien avec l’Agence régionale de santé. Alex Le Priol, consultant santé, suit, depuis deux ans, le projet de Procom santé. Plusieurs sujets ont été abordés et notamment l’usage du numérique pour permettre aux professionnels de santé afin de mieux travailler ensemble.
  • Un projet de pôles de santé afin de remédier notamment aux questions d’accessibilité des locaux pour les personnes à mobilité réduite et attirer éventuellement de nouveaux médecins, notamment généralistes.

1.1.4    Un projet de contrat local de santé

D’autres sujets ont été évoqués tels que la signature d’un « Contrat local de santé » avec l’Agence régionale de santé comme l’autorise la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » du 21 juillet 2009.

1.2    Un premier bilan

Si le projet des maisons médicales de santé semble évoluer, l’urgence de chacun est la recherche de nouveaux médecins généralistes.

Elle n’a pas suffisamment été prise en compte et nécessite désormais la mobilisation de tous.

Il y a Etat d’urgence en la matière.

  • Les patients de deux médecins généralistes se retrouvent immédiatement sans médecin.
  • 3 ou 4 autres médecins généralistes cesseront leur activité dans les mois à venir.

 

A terme, ce sont donc 5 à 6 médecins qui manqueront à Lamballe, soit environ entre 7000 et 10 000 patients en déshérence.

1.3    Une situation inédite

Si nous connaissons depuis quelques années des communes qui recherchent des candidats pour remplacer un médecin généraliste en milieu rural, nous ne connaissons pas de communes qui recherchent de façon concomitantes 5 à 6 médecins dans un contexte ou d’autres généralistes continuent à exercer leur profession sur leur territoires.

 

Nous devons répondre à plusieurs questions :

  • comment répondre dans l’immédiat à la situation concrète des familles mais également des personnes âgées désormais sans médecin et dont certaines ne peuvent recevoir que des visites à domicile ?
  • Comment attirer de nouveaux médecins généralistes sur notre territoire ?
  • Comment développer une politique suivie et non pas de « coup par coup » en ce qui concerne la couverture médicale de notre territoire ?

2      Une multitude de pistes possibles

2.1    Répondre à l’urgence

Pour répondre à l’urgence, il est crucial que soient données des réponses concrètes aux usagers/patients.

  • Comment font-ils avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie s’ils n’ont plus de médecin référent ?
  • Comment peut-on accéder à un spécialiste sans passer par son médecin référent ?
  • Comment peut se faire le suivi des dossiers médicaux après le départ du médecin référent ?

Tout cela exige des réponses très concrètes des autorités telles que l’Agence Régionale de Santé, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie ou l’ordre des médecins.

  • Se peut-il que des patients, notamment âgés, soient aujourd’hui en déshérence et démunis de médecin référent ?
  • Comment sont-ils identifiés et dirigés vers un nouveau médecin en mesure de les visiter à domicile quand cela est nécessaire ?

Il doit être apporté des réponses rapides à ces questions. Les usagers/patients doivent savoir vers qui se retourner lorsque d’autres questions demeurent.

2.2    Attirer de nouveaux médecins

Il y a là aussi un véritable Etat d’urgence mais nous savons tous que nous nous ne sommes pas en mesure de recruter de nouveaux médecins dans les semaines à venir. Ce combat va se mener dans le temps.

Si nous disposons des locaux nécessaires, à l’Hôpital dans l’immédiat, et dans les maisons de santé dans un deuxième temps, nous savons également que les médecins généralistes désirant s’installer sont des denrées rares pour de nombreuses raisons

  • Un numérus clausus contraint pendant de trop nombreuses années
  • Une profession et des pratiques en pleine mutation
  • Une attraction des territoires hyper-urbains et donc une concurrence rude entre les territoires…

Nous savons également qu’il existe plusieurs pistes très diverses que nous devons explorer en même temps pour mettre toutes nos chances de notre côté.

  • Médecins remplaçants susceptibles de s’installer
  • Internes en fin de parcours universitaire
  • Médecins étrangers candidats pour l’exercice en France
  • Médecins volontaires pour cumuler une pratique hospitalière et une pratique libérale.

Toutes ces pistes sont valables et méritent d’être explorées de façon concomitante. Cela nécessite de l’ENERGIE, de la VOLONTE, de la DISPONIBILITE et de la CONSTANCE.

Nous savons enfin qu’il existe une vraie concurrence entre les territoires dans ce domaine et donc que des avantages comparatifs doivent pouvoir être proposés aux candidats à l’installation afin de faire la différence avec d’autres territoires.

2.3    Pour une politique constante et suivie

 

Chacun est bien conscient que l’ensemble de ces éléments nécessite une politique suivie et constante dans le temps car cette nouvelle réalité va durer.

Les collectivités vont devoir découvrir dans les mois à venir un métier qu’elles ne pratiquaient pas : le pilotage de l’offre médical sur leur territoire. Ce nouveau métier ne peut plus se réduire à la construction de maisons médicales, même si cela est nécessaire.

Les collectivités devront s’atteler à

  • Mieux connaître ce qui se fait avec succès dans d’autres territoires
  • Etre sur tous les fronts du recrutement et de la communication
  • Faire valoir ses intérêts auprès des autorités de l’Etat, tant l’Agence Régionale de Santé en termes administratifs et fiscaux (il existe la possibilité de zones franches médicales), que les parlementaires pour que nos territoires soient protégés par la loi quant à leur offre médicale

Pour remplir cette nouvelle mission, nous ne pouvons plus nous contenter de consultants ponctuels qui peuvent travailler à la fois pour plusieurs territoires concurrents.

Il nous faut un professionnel, à Lamballe communauté, qui soit un vrai « développeur de santé » du territoire qui coordonne la mobilisation de tous pour sortir de cette situation de crise.

Afin que la mobilisation soit générale, nous devons créer un comité de pilotage regroupant à la fois les élus, les professionnels de santé et les usagers/patients qui ont également leur mot à dire.

Ce dispositif doit nous permettre de bénéficier d’un véritable pilotage local de l’offre de santé sur le territoire.

Ce pilotage ne se veut pas compétent en termes médical, ce qui est du ressort des professionnels de santé.

Il doit néanmoins permettre de passer à une vitesse supérieure afin de ne pas devenir un « désert médical ».

 

A situation d’urgence, dispositif d’urgence.

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